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Faisons un peu connaissance

clesch@bluewin.ch
(@cleschbluewin-ch)
Membre Admin

Bonjour, je suis la présidente et une des fondatrices de l'association Vivre à la limite. C'est suite au décès de ma fille Céline, elle-même borderline que j'ai voulu créer cette association de soutien pour les personnes borderlines, bipolaires, entourage et personnes intéressées. Je serais très heureuse de partager un peu avec vous mes joies, mes peines, mes soucis, mes expériences face à ces maladies que l'on dit mentales. J'ai essayé de soutenir et d'aider ma fille du mieux que j'ai pu et  grâce à cela, j'ai pu apprendre à connaître ces troubles. Je pense que c'est important de faire connaître ces maladies pour que les gens arrêtent de mal juger les personnes en souffrance.

J'espère avoir bientôt l'occasion d'apprendre un peu à vous connaître

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Topic starter Posté : 12/05/2021 6:54
Fabian Grognuz
(@fabiangrognuz14gmail-com)
Membre Moderator

Bonjour à tous !

Avant de me présenter à vous, je tiens à remercier Cindy Leschaud pour son fantastique travail dans la création de ce site, ainsi que Cathy Leschaud pour avoir eu l’idée de concevoir ce forum qui perpétue l’esprit et la mission de l’association ‘’Vivre à la limite’’ Que cet espace de discussion apporte écoute et aide à tous ceux et celles qui en ressentent le besoin. 

Je m’appelle Fabian Grognuz, j’ai 31 ans et je souffre de crises d’anxiété depuis plusieurs années. J’ai connu ma première crise l’année de mon vingtième anniversaire en 2009, lorsque je fus amené à débuter ma formation d’employé de commerce dans un bureau administratif à Lausanne. Elle se manifesta un matin alors que j’arrivai sur mon lieu de travail. Voulant entrer dans la pièce où mon bureau était installé, je posa le pied gauche sur le sol. Tout à coup, sans en connaître la raison, mon corps dans son intégralité, se mit à trembler et la peau de mon visage devint aussi pâle et blanche que la neige. Ma langue devint sèche et pâteuse, ma gorge se serra comme si un individu voulait me couper le souffle et mon coeur se mit à battre à une vitesse ahurissante. Je fut également pris de vomissements. Étant devenu incapable de travailler, je demanda à ma chef de bureau si je pouvais rentrer chez moi, ma requête fut acceptée sans aucune objection. Lorsque je fus enfin arrivé chez moi après plus de deux heures de trajet en transports publics (je vivais encore chez mes parents), ma maman qui m’ouvrit la porte d’entrée, fut horrifiée par la pâleur de mon visage et ma mine glaciale. Je pris le reste de la journée pour me reposer tout en étant totalement désemparé, ne comprenant pas ce qui venait de m’arriver. 

A partir de ce jour, et cela pendant six années, chaque jour passé au travail fut pour moi une véritable torture. Le matin, je me levai 10 minutes avant de prendre mon train. De ce fait, j’étais déjà stressé à l’idée d’aller travailler et en faisant tout pour ne pas rater ma correspondance, je ne faisais qu’augmenter mon anxiété. Je ne pouvais rien avaler au petit-déjeuner tant mon ventre me semblait dur et la sensation que mon souffle était coupé. Quand je finissais ma semaine de travail et que le weekend commençait, j’angoissais déjà à la seule idée que j’allais devoir y retourner le lundi matin. Donc, je n’arrivai jamais à profiter de mes weekends. Je vivais en permanence dans la peur et dans l’angoisse. La peur de ne jamais faire les choses correctement et l’angoisse de mon avenir incertain. Ayant évolué dans un univers professionnel où aucune reconnaissance ne me fut jamais accordée, n’arrangea pas les choses. Je perdis confiance en moi et me renferma davantage dans ma souffrance intérieur. J’en étais arrivé au point que je ne m’alimentais plus, mes collègues de bureau devant me donner à manger à la fourchette pendant les repas de midi pour me forcer à manger. 

Après plus de six ans de formation, je fus licencié à l’approche des examens de CFC, sous prétexte que je n’aurai pas supporter le stress des examens. La descente aux enfers continua de plus belle avec entre autres, des examens psychologiques effectués pendant plusieurs mois à l’hôpital psychiatrique de Chêne-Bourg à Genève et la décision finale de me donner une rente AI. Je pris cette décision avec beaucoup de difficultés, ayant eu le sentiment d’avoir donné le meilleur de moi-même pendant des années pour rien. Les premiers mois suivant cette décision furent très difficiles, je ne savais pas ce que j’allais devenir et mon avenir restait incertain. 

Un jour, je décida de me prendre en main et de débuter une thérapie cognitivo-comportementale avec Madame Lorena Gamboa, thérapeute à Morges. Dès la première séance, le lien se noua entre nous et notre collaboration dura pendant plus de quatre ans. Elle m’enseigna les diverses techniques de respirations, la relativisation, tirer les leçons du passé pour avancer vers un avenir prometteur et reprendre confiance en moi et en mes valeurs. Depuis, grâce à cette thérapie, je gère mes angoisses de manière plus naturelle en ayant complètement abandonné la médication. Je ne me considère pas comme guéris, car il faut savoir que l’on ne guérit jamais de l’anxiété. Nous devons apprendre à vivre avec, à l’accepter et à l’accompagner. Je reste convaincue que le courage et la persévérance finit toujours par être récompensés et ces années de combat me l’on prouvé : j’ai trouvé l’amour, je m’épanouis dans des activités indépendantes qui m’apportent entière satisfaction et je continue à avancer vers le futur tout en ayant en tête que la bataille continue. 

 

Meilleures pensées ! 

Fabian Grognuz 

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Posté : 14/05/2021 2:20
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